Compte-rendu – Triathlon de Bordeaux

Ce weekend, nous avons tous les 2 pris le départ du Triathlon de Bordeaux. Oui, j’ai bien dit tous les 2. Parce qu’après le running, Martin blaguait sur le fait qu’il aimerait bien faire un triathlon un jour ou l’autre. Pas de chance, ses potes décident de lui offrir l’inscription pour cette nouvelle édition du Triathlon à Bordeaux. Et comme disait le grand philosophe Faf Larage « Pas le choix, faut y’aller ! »

Triathlon de Bordeaux format S : 750 – 20 – 5

A chaque fois que l’on parle de triathlon, la première question qui revient est : « C’est quoi les distances ? »

Dimanche 9 juillet 2017, on a tous les 2 pris le départ du format S du triathlon de Bordeaux. C’est à dire 750m de natation en lac, 20 km en vélo et 5km de course à pied. Quelques particularités ont rythmé cette épreuve. En effet, l’eau du lac étant à 24,8°, la combinaison néoprène était interdite. Cette combinaison rassure tellement les nageurs moyens mauvais comme nous. Parce que oui, la combar, comme on dit dans le milieu, assure une meilleure flottabilité et moins d’effort à produire au niveau des jambes. Pas de chance, là on va devoir assumer comme des bonhommes et faire le tour de cette bouée qui nous parait si loin sans assistance !

triathlon_de_bordeaux_2017

La partie vélo de ce triathlon de Bordeaux se roulait sur routes fermées. Niveau sécurité, c’est vraiment top. Et qui dit routes fermées, dit drafting autorisé (le fait de se suivre de prêt pour profiter de l’aspiration et la protection du vent des autres cyclistes devant nous). Et heureusement, parce que les longues lignes droites reliant les bords du lac de Bordeaux à Blanquefort vent de face, y’a plus rigolo. Un parcours de 22km au lieu de 20, à essayer de ne pas se faire prendre dans une cassure ou une bordure, et en essayant de pas trop faire le crevard en prenant quelques relais. En plus de ça, les prolongateurs (les poignées vers l’avant qui sortent comme des cornes) qui permettent d’avoir une position plus aéro sur le vélo ne sont pas compatibles avec les courses en peloton. Les arbitres veillent et il était interdit de déposer son vélo au parc à vélo avec ses prolongateurs. Dans un prochain article, on vous parlera d’un déroulé type, étape par étape, d’un triathlon afin de mieux appréhender et visualiser les coulisses de cette discipline.

Puis pour terminer cette délicieuse matinée, 5km de running, sur route et chemin histoire de se refaire encore mal aux cuisses.

Bon, comme lors de notre dernière course ensemble sur le run à Bisca, on a décidé de se partager l’article pour vous parler de notre course et nos sensations perso.

Une première expérience en douceur – Martin

Ça y est, les pieds dans le plat, mes amis m’ayant offert une montre Suunto ET l’inscription au triathlon de Bordeaux pour mon anniversaire fin mai, plus le choix, j’été obligé d’y participer. J’ai donc pris le défi au sérieux (au départ) et les entrainements commençaient à s’intensifier sur de la courte durée. Vélo et running étaient devenus mes entrainements de prédilection. Une fois par semaine, j’enchainais 20k de vélo et 5,5 de course à pieds, réduisant mon temps de référence à chaque sortie et voyant les progrès, je décide de m’initier à la natation … Wahou, il était évident que mes entrainements me serviraient à rattraper le retard de la natation. Mon manque de sérieux sur les entrainements de natation se sont fait ressentir le Jour J 🙂
3 jours avant, je décide de prendre mon vélo et de partir rouler. Manque de chance, mon pneu explose en rond point à 35 km/h et paff, ma paire de roues carbone explosé, mon cadre cassé et mon cintre tordu. Mon vélo n’était donc absolument pas prêt pour le dimanche. Et toutes les pizzas sur mon corps n’allaient pas me faire du bien…
Le vélo réparé, une nouvelle paire de roues Corima 47 S1 et un nouveau cadre de monté et hop, le tri pouvait débuter.

Nage en eau libre au bout de ma vie

Le départ est lancé et tout le monde se précipite à l’eau. Une poignée de main avec Fabien et on s’élance en fin de peloton. Je me mélange à la foule et me retrouve entre les coups de coude, de poignets ou de pieds, l’horreur. J’arrive à me frayer un chemin sans personne autour, j’en profite pour gagner du terrain pendant presque 50m et rebelote, je me retrouve au milieu des coups. Je décide donc de nager en brasse pour retrouver ma petite zone de confort solo, mais en vain. Arrivé à 300m de natation, les bras devenaient douloureux et la brasse allait être ma nage de suite et fin de la course (oui oui je ne suis qu’au début) je me retrouve donc vite dans les 50 derniers et trouve même le temps de rigoler avec les autre nageurs. Première bouée de passée, puis la deuxième, il ne me restait qu’une cinquantaine de mètres. Je reprends le crawl (histoire d’avoir des photos plus jolie)

Je sors de l’eau et me précipite à mon vélo pour retrouver mon bébé de Supersix.

Vélo, mon domaine de prédilection

J’enfourche mon vélo et me cale à un rythme de croisière pour mes 2 premiers kilomètres. Après avoir fait tourné les jambes,  je commence les choses sérieuses et accélère en passant à 39 de moyenne, en solo et en doublant prés de 100 coureurs. J’étais vraiment au top de ma forme. Je pouvais voir l’avantage de l’aéro de mes nouvelles Corima et qui m’offraient un réel gain de vitesse. J’arrive à me trouver un groupe de 3 personnes et je pars pour 5 k avec eux en relais, moyenne à 42, vraiment agréable, mais je voulais les distancer et repars en solo. Je croise un jeune coureur fatigué et me permet de lui offrir ma roue pour le reposer (face au vent) je lui donne un gel et une gorgé d’eau et je repars pleine balle.
Je croise l’acolyte @Fabien déposer sa galette et lui demande de ses nouvelles, j’ai eu en retour un petit « Roule t’inquiète ça va » je termine les 22k en 35,8 de moyenne et avec une super impression, très satisfait. J’arrive à la transition, 1,30 mn plus tard je repars pour la dernière épreuve.

Running de dernière chance

J’avais tout gagné sur le vélo, je pouvais pas reculé sur la course à pieds. Aussi content qu’avec le vélo, je cours à 5,05 de moyenne sur les 2 premiers kilomètres mais les crampes commencent sérieusement à arriver. Je ralentis donc mon allure et passe à 5,50 du kilomètre pendant les 2 km suivant, passant par un super parcours en fôrets, à l’ombre. Sur le dernier kilomètre, Fabien me rattrape et nous finissons ce triathlon de Bordeaux ensemble en nous encourageant mutuellement. Puis  pour la photo finish, on marque le coup en passant la ligne d’arrivé ensemble.
Je termine en 1h29 à la 132ème position, les jambes en compotse mais une réelle satisfaction personnel.

 

En bref, ça à été pour moi une réelle expérience de vie, du plaisir du début à la fin, une super ambiance et une organisation vraiment top. La joie de franchir la ligne d’arrivé dans la première moité de classement est mon objectif pour les prochains tri (et oui ça y est je suis piqué au triathlon).
Merci Fabien pour l’encouragement et à tous les potos pour l’inscription !!
A l’année prochaine Bordeaux 🙂

Une seconde plus douloureuse – Fabien

Bon bon bon… Après le SwimRun d’Hostens il y’a 2 semaines, j’étais plutôt en forme. Malgré une petite baisse de motivation en natation et le manque de borne en vélo ces derniers temps, mes dernières sorties course à pied m’ont rassurées et les jambes étaient en fire. Mon optimisme du moment m’avait amené à annoncer officiellement sur Twitter que j’allais cassé le record.

Parce que oui, lors de mon premier triathlon, ce lui de Mimizan, il y’a 1 mois pile (CR à lire ici), j’avais terminé la course un peu trop en forme à mon goût. Sans trop forcer et en prenant du plaisir de A à Z, j’avais bouclé cette première course en 1h19. Donc je me suis dis, avec les bonnes sensations du moment, un parcours en drafting (donc logiquement plus rapide sur le papier) et des bons temps sur des 5k ces derniers jours, j’espérais faire mieux que la dernière fois et j’envisageais même un chrono proche d’1h15 (15 min en nat, 32/33min en vélo et 23min en run et 4 min de transition en tout). Plutôt cohérent en soit, mais bon, le déroulé de la course en a décidé autrement…

Poisson d’eau douce

Bon, je vous passe le détail de la préparation et le dépôt du matos au parc à vélo (une fois de plus, l’un des seuls vélo qui touche quasiment par terre ^^). Bref, à 9h25, briefing avant le départ et présentation du parcours. Rappel que la combi interdite, donc une petite pression supplémentaire, qui se transforme rapidement en excitation. La vague d’athlètes féminines s’élance à 9h30 pile. A 9h38, c’est à nous de jouer. La bouée parait loin, mais pas le choix, on va devoir la contourner. Le parcours consistait à rejoindre une bouée à 350m au large à peu près, et revenir en visant une seconde bouée, histoire de tracer un semblant de triangle. Comme la dernière fois, pas de risque, je pars dans les dernières lignes. Pas la peine de provoquer la malchance et de se faire couler pour rien. Puis moralement, le fait de doubler est toujours plus sympa que de se faire doubler. C’est ce qui m’arrive sur toute la première longueur. De bonnes sensations, ça glisse bien et les jambes battent sans trop de mal. Pas beaucoup de bousculade, ça joue un peu des coudes comme Peter Sagan, mais pas ça ne se voit pas dans l’eau 😉

sortie_eau_fabuen_triathlon_de_bordeaux

Passage de la bouée à la corde et on renvoie pour rejoindre la plage. J’avoue, j’ai brassé 2/3 fois sur le retour, surtout pour me repérer. Et au final, ça valait le coup. La trajectoire est propre et le temps plus qu’honorable étant donné mes dernières perfs en nat : 16min.

Vélo en mode gueule de bois

A ce moment là, j’effectue la transition la plus longue : il faut rejoindre le parc à vélo, mettre chaussettes et chaussures (oui, je suis #teamfragile et je préfère mettre des chaussettes dès le vélo). Casque, lunette et ceinture dossard fixés, je décroche le vélo pour rejoindre le départ du parcours. Là je sais que ça va partir très fort et décide de forcer dès le départ pour prendre des bons groupes pour rouler en peloton. Et pour le coup, ça roule très fort. 38km/h de moyenne sur les 5 premiers km. Je ne suis pas habitué à ça et je commence à le ressentir. Je lâche ce groupe qui roule vraiment trop fort pour moi puis je m’entend avec 2 gars. Le rythme à ralenti mais l’allure reste soutenue, à plus de 35km/h et fort vent 3/4 de face. Hop hop hop, ça déroule, jusqu’au demi-tour. Vers le 10ème km, je commence à avoir mal au ventre malgré une bonne alimentation et hydratation. Et là, moment classe de l’article, je lâche mon petit vomito sur le bas côté. J’ai fait ça propre, pas de chute, le temps de déchausser et tout. Mais sur le moment, je rigolais pas trop. Déjà parce que j’étais en train de m’épuiser et me déshydrater, mais surtout plus de cinquante personnes venaient de me doubler ! Je me suis arrêté presque 4 min et après le soutien d’un bénévole (merci à toi le monsieur du rond-point), je repars tant bien que mal. Et puis de toute manière, là il faut finir. Je savais très bien que toute tentative de chrono été avortée, mais je me suis obligé à prendre du plaisir sur la fin de ce parcours histoire d’en garder un bon souvenir quand même. Je finis le circuit vélo comme je peux, en ayant bien bien réduit la vitesse. Mais bon, plus de groupes de cyclistes autour de moi, donc la progression face au vent se fait avec difficulté. Je pose le vélo après 43min et une moyenne de 31km/h.

Un run sur mon terrain de jeu

A ce moment là, je me dis, « fais ce que tu peux, sans te faire du mal ». Je ne savais pas si j’étais tombé malade, insolation ou quoi… Je reprenais petit à petit des couleurs et les jambes répondaient pas trop mal. En plus, j’avais vraiment à coeur de faire un gros run, étant donné que le parcours est mon circuit d’entrainement qui m’accueille avec mes collègues 2 fois par semaine.

triathlon_bordeaux_running

J’ai fait les 2 premiers kilomètres aux côtés d’un gars avec une super allure. 4,24 et 4,52. Mais arrivé à l’entrée du parc, j’ai bien réduit le rythme après le passage au ravito. Je temporise sur les 2 autres kilomètres, puis j’aperçois Martin au bout de la ligne droite, qui m’avait doublé après mon arrêt forcé en vélo. Arrivé à sa hauteur, ils nous restaient 1km à parcourir. Je savais que le petit truc qui pouvait me remonter le moral était de passer la finish line de la même manière que le départ, côte à côte #cestmignon.

25 minutes tout pile affichées à la montre, et un chrono final de 1h29.

C’est beaucoup plus que le temps espéré, 10min de plus qu’à Mimizan, mais le vieil adage « toutes les courses sont différentes » s’est avéré correct cette fois ci. Mais au final, je pense avoir beaucoup appris de cette expérience. On lit un peu partout en ce moment que c’est dans l’échec que l’on apprend le plus, qu’il ne faut pas avoir honte d’échouer. Avec ce que j’ai vécu dimanche sur ce triathlon de Bordeaux, je peux vous dire que j’ai gagné en expérience. Je saurais que boire 2 litres d’eau du lac et appuyer comme un dégénéré sur les pédales pour boucher les cassures n’est pas une bonne stratégie de course. Je saurais pour la prochaine fois, et je peux vous garantir que j’ai une revanche à prendre avec le tri et que ça ne va pas se passer comme ça !

finish_triathlon_bordeaux_2017

Voilà, je ne sais pas si tu seras allé à la fin de cet article qui doit être le plus long depuis la création de ce blog. En tout cas, je voudrais en profiter pour remercier le triathlon de Bordeaux pour la  super orga sur cette course, les spectateurs pour la très bonne ambiance à la base à chaque passage au parc à vélo et tous les amis pour vos messages d’encouragements. Ça fait vraiment plaisir.

A bientôt pour de nouvelles aventures…

Fabien x Martin

Passionné de sport et de nouvelles technologies, je partage avec toi sur ce blog mon quotidien de triathlète débutant. #swimbikerun #eatclean #running 21 ans / Bordeaux

  • Jérôme Fuseau

    Merci pour ce résumé.
    Ayant moi-même pris au triathlon de Bordeaux, j’en garde un réel plaisir, avec un petit gout d’inachevé.
    je termine la course sans être fatigué
    Je peux donc m’améliorer.

    • Salut Jérôme et merci pour votre message.
      Vous avez pris le départ du S ou du M ?

      J’avais eu exactement cette même sensation lors de mon premier tri, celui de Mimizan. Je suis arrivé super frais, sans avoir eu l’impression de forcer. Au second, je me suis dis que je pouvais me permettre d’appuyer un peu plus fort. Malheureusement,la forme du moment en a décidé autrement…
      La gestion de l’effort est la clef du triathlon. Elle se gère avec l’expérience et la pratique.

      Au plaisir d’échanger avec vous sur une course ou sur le blog

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